Assurance habitation en zone à risque : surprime, franchise et désassurance
La garantie catastrophes naturelles est obligatoire en France, mais son coût et ses conditions se durcissent dans les zones exposées. Décryptage avant d'acheter ou de renégocier.
Mis à jour le 2026-07-01 · ClimaScore
La garantie CatNat, un socle obligatoire
Tout contrat d'assurance habitation intègre obligatoirement la garantie catastrophes naturelles. Elle se déclenche après la publication d'un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour la commune. Un assureur ne peut donc pas refuser de couvrir un bien contre ce risque, quelle que soit son exposition.
Cette garantie est financée par une surprime prélevée sur chaque contrat. Depuis le 1er janvier 2025, son taux est passé de 12 % à 20 % de la prime dommages habitation, pour faire face à la hausse de la sinistralité climatique.
Des franchises qui varient selon le risque
La franchise catastrophe naturelle est fixée par la loi. Pour un particulier, elle est de 380 euros pour la plupart des sinistres (inondation, mouvements de terrain). Elle grimpe à 1 520 euros pour les dommages liés à la sécheresse et au retrait-gonflement des argiles.
Point important : cette franchise sécheresse peut être triplée, jusqu'à 4 560 euros, si la commune n'a pas adopté de plan de prévention des risques sécheresse alors qu'elle a connu des arrêtés répétés. Un détail qui pèse lourd sur une maison sujette aux fissures.
Désassurance : le vrai risque de long terme
Le danger n'est pas de perdre la garantie CatNat, qui reste obligatoire, mais de voir l'ensemble du contrat devenir cher ou difficile à souscrire. Après plusieurs sinistres, certains assureurs relèvent fortement les primes, majorent les franchises contractuelles ou renoncent à assurer certains biens très exposés. C'est ce qu'on appelle la désassurance rampante.
Pour un acheteur, la parade est simple : demander un devis d'assurance à l'adresse exacte avant de signer. Une prime très au-dessus du marché, ou un refus de plusieurs assureurs, est un signal fort à intégrer au prix et à la décision.
À vérifier avant d'acheter
- Que la garantie catastrophes naturelles figure bien au contrat (elle est obligatoire mais vérifiez les conditions annexes).
- Le montant des franchises applicables, en distinguant inondation (380 €) et sécheresse-argiles (1 520 €).
- L'historique des sinistres déclarés par le vendeur et les indemnisations perçues.
- Un devis d'assurance à l'adresse exacte auprès de plusieurs assureurs, pour repérer une éventuelle surprime.
- L'existence d'un plan de prévention des risques sur la commune, qui conditionne la franchise sécheresse.
Questions fréquentes
Un assureur peut-il refuser d'assurer un bien en zone à risque ?
Non pour la garantie catastrophes naturelles, qui est obligatoire et adossée à tout contrat habitation. Mais un assureur peut refuser de proposer le contrat multirisque lui-même, ou en durcir fortement les conditions. En cas de refus généralisé, le Bureau central de tarification peut être saisi pour imposer une couverture.
Quelle est la surprime catastrophes naturelles en 2026 ?
Elle est de 20 % de la prime dommages habitation depuis le 1er janvier 2025, contre 12 % auparavant. Cette hausse s'applique à tous les contrats, quelle que soit la localisation, pour financer la montée de la sinistralité climatique.
La franchise est-elle plus élevée pour les fissures que pour les inondations ?
Oui. La franchise catastrophe naturelle est de 380 euros pour un particulier en cas d'inondation, mais de 1 520 euros pour la sécheresse et le retrait-gonflement des argiles, et elle peut être triplée en l'absence de plan de prévention sur la commune.
Analyser une adresse précise
Ce guide donne les repères généraux. Pour savoir ce qu'il en est d'une adresse en particulier, ClimaScore analyse gratuitement son exposition aléa par aléa, son historique de sinistres et ses projections climatiques.
- Historique catastrophes naturelles par commune
- Risque retrait-gonflement des argiles
- Risque inondation