Risque naturel en France

Risque argiles : carte 2026, communes exposées, fissures et démarches

Le retrait-gonflement des argiles (RGA) cause des mouvements différentiels du sol qui endommagent les fondations des bâtiments. C'est le deuxième poste d'indemnisation CatNat en France, amplifié par les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.

Vérifier l'exposition d'une adresse aux argiles

La carte d'exposition 2026, en vigueur depuis le 1er juillet 2026, classe le territoire en exposition faible, moyenne ou forte : 55 % de la France métropolitaine est désormais en exposition moyenne ou forte, contre 48 % avec la carte précédente, et environ 12 millions de maisons individuelles sont concernées.

ClimaScore mesure pour chaque commune la part des bâtiments dans chaque classe d'exposition et, pour une adresse précise, lit la classe exacte du terrain. Une commune en exposition forte compte souvent des quartiers entiers en exposition faible : la vérification à l'adresse change la lecture.

Des fissures sont apparues : que faire

  1. Photographier et dater les fissures, poser un témoin en plâtre ou une jauge pour suivre l'évolution.
  2. Déclarer à l'assureur sans attendre : la garantie ne joue qu'après un arrêté de catastrophe naturelle sécheresse, mais la déclaration précoce évite toute contestation sur la date.
  3. Demander à la mairie si une demande de reconnaissance est déposée ; la décision prend de 6 à 24 mois. Plus de 8 800 communes ont été reconnues au moins une fois depuis 2020.
  4. Après l'arrêté : 30 jours pour confirmer la déclaration, franchise légale de 1 520 euros pour la sécheresse, expertise obligatoire pour établir le lien entre la sécheresse et les dommages.

Le guide fissures après la sécheresse détaille chaque étape.

Étude de sol, construction et travaux

Depuis 2020, la vente d'un terrain constructible en zone d'exposition moyenne ou forte impose une étude géotechnique préalable (de type G1), et le contrat de construction d'une maison une étude de conception (G2) ou le respect de techniques particulières : fondations descendues sous la zone de dessiccation, gestion des eaux de pluie éloignée des fondations, distance aux arbres. Le coût d'une étude, 1 500 à 3 000 euros, est sans commune mesure avec celui d'une reprise en sous-œuvre.

Sur une maison existante fissurée, les solutions vont de la gestion de l'eau (drainage, arrosage régulier en période sèche, élagage) aux reprises de fondations par micropieux ou injections de résine. Un dispositif d'aide à la prévention est en cours de déploiement pour les maisons les plus exposées.

Acheter ou vendre une maison en zone argileuse

L'état des risques mentionne l'exposition aux argiles et les arrêtés sécheresse de la commune. Nos ventes observées montrent qu'une maison en zone d'exposition forte se vend environ 12 % moins cher qu'une maison comparable en zone faible, écart qui se creuse depuis 2020. Avant d'acheter : regarder les fissures en façade et aux angles des ouvertures, demander les déclarations de sinistre passées, vérifier la date de construction (les maisons antérieures à 1990 et à fondations superficielles sont les plus sensibles).

Le calendrier du risque argiles

Le retrait des argiles se produit pendant les sécheresses d'été, mais les fissures apparaissent souvent à l'automne, et la reconnaissance en catastrophe naturelle arrive l'année suivante. Les pluies d'automne provoquent ensuite le gonflement : un bâti fragilisé bouge dans les deux sens. La sécheresse est aujourd'hui le sinistre climatique le plus coûteux de la décennie pour les assureurs, et la surprime catastrophes naturelles est passée à 20 % des primes depuis 2025.

Communes les plus exposées : retrait-gonflement des argiles

Risque retrait-gonflement des argiles : questions fréquentes

Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?
Les sols argileux gonflent quand ils s'humidifient et se rétractent quand ils sèchent. Ces mouvements verticaux différentiels fissurent les fondations des bâtiments légers (maisons individuelles principalement).
Une étude géotechnique est-elle obligatoire ?
Depuis le 1er octobre 2020 (loi ELAN), une étude G1 PGC est obligatoire pour la vente d'un terrain constructible en zone d'exposition moyenne ou forte. Une étude G2 PRO est exigée avant la construction.
Comment reconnaître des dégâts dus aux argiles ?
Fissures en escalier sur les murs porteurs, décollements de carrelage, portes et fenêtres qui se coincent, fissures qui s'élargissent en période sèche. Ces signes apparaissent généralement après les étés chauds.
Les dégâts sont-ils couverts par l'assurance ?
Oui, via la garantie CatNat dès qu'un arrêté interministériel de sécheresse est publié pour la commune. La franchise spécifique RGA est de 1 520 EUR si la commune n'a pas de PPR argiles approuvé.
Le risque va-t-il s'aggraver avec le réchauffement ?
Oui. La multiplication des sécheresses extrêmes (2003, 2018, 2022) accélère le sinistre. Le coût annuel des sinistres RGA est passé de 200 M EUR à plus de 2 Md EUR sur certaines années récentes (source CCR/MRN).
Quelle est la différence entre aléa faible, moyen et fort ?
L'aléa est cartographié à l'échelle nationale en 4 niveaux (nul, faible, moyen, fort) selon la nature des argiles, leur épaisseur et leur sensibilité au gonflement. Les obligations légales (étude, construction) s'appliquent dès le niveau moyen.
Des fissures sont apparues après l'été sec : que faire ?
Photographiez et datez les fissures, posez un témoin pour suivre leur évolution et déclarez le sinistre à votre assureur sans attendre. La prise en charge dépend d'un arrêté de catastrophe naturelle sécheresse pour votre commune : la demande est déposée par la mairie, et la reconnaissance peut prendre 6 à 24 mois. Vous avez ensuite 30 jours après publication pour confirmer la déclaration. La franchise sécheresse est de 1 520 euros.
Combien de communes ont été reconnues en catastrophe naturelle sécheresse ?
Depuis 2020, plus de 8 800 communes françaises ont obtenu au moins un arrêté de catastrophe naturelle pour mouvements de terrain liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Près de 4 500 communes présentent une exposition forte au retrait-gonflement des argiles dans l'évaluation ClimaScore. La fiche de chaque commune indique son dernier arrêté.

Comment se protéger contre retrait-gonflement des argiles

  • 1Demander une étude géotechnique G1 (PGC) avant achat d'un terrain en zone d'aléa moyen ou fort (obligatoire depuis 2020 loi ELAN).
  • 2Maintenir une distance d'au moins 3 m entre les arbres adultes et les fondations.
  • 3Drainer les eaux pluviales loin des fondations (gouttières prolongées, regards étanches).
  • 4Éviter les variations brutales d'humidité du sol (arrosage régulier de la pelouse en été).
  • 5Inspecter régulièrement la maison : fissures en escalier, décollement carrelage, portes qui frottent.
  • 6Renforcer les fondations existantes (semelles élargies, longrines) en cas d'aléa fort.
  • 7Vérifier l'absence de fuite sur le réseau d'eau enterré (test de pression annuel).
  • 8Privilégier les arbustes à racines peu profondes dans le jardin (cyprès, érable, bouleau à éviter).
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