Fissures sur ma maison après la sécheresse : que faire, suis-je couvert ?
Publié le Mis à jour le
Des fissures qui apparaissent ou s'élargissent à la fin de l'été sur une maison bâtie sur sol argileux relèvent en général du retrait-gonflement des argiles. L'indemnisation passe par la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle de la commune : une fois l'arrêté publié, vous avez 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur, avec une franchise de 1 520 euros. Depuis 2020, 8 842 communes françaises ont obtenu au moins un arrêté sécheresse.
Chaque fin d'été sec, des dizaines de milliers de propriétaires découvrent des fissures nouvelles ou qui s'élargissent. Dans la grande majorité des cas, le mécanisme est le même : le sol argileux se rétracte en séchant, puis regonfle avec les pluies d'automne, et les fondations bougent. On parle de retrait-gonflement des argiles. C'est aujourd'hui le deuxième poste d'indemnisation des catastrophes naturelles en France.
1. Reconnaître une fissure liée à la sécheresse
- Fissures en escalier le long des joints de maçonnerie, ou obliques, surtout aux angles des ouvertures ;
- apparition ou aggravation entre juillet et octobre, parfois avec des portes ou fenêtres qui coincent ;
- maison de plain-pied, fondations peu profondes, arbres proches : les facteurs aggravants classiques ;
- les fissures fines de moins de 0,2 mm, stables, sont souvent un simple retrait de l'enduit : à surveiller, pas à déclarer.
Première vérification, gratuite : votre commune est-elle en zone d'exposition aux argiles ? ClimaScore l'indique commune par commune ; 4 478 communes françaises sont en exposition forte.
2. Faire reconnaître la catastrophe naturelle
Vous ne pouvez pas déclarer seul : c'est la commune qui demande la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle en préfecture. Signalez donc vos fissures en mairie par écrit, avec photos et date d'apparition ; plus les signalements sont nombreux, plus la demande est solide. La commune dispose de 24 mois après l'épisode pour déposer sa demande. Une commission interministérielle statue ensuite, et l'arrêté est publié au Journal officiel, souvent plusieurs mois après l'été concerné : à la date de rédaction (septembre 2026), aucun arrêté sécheresse portant sur 2025 n'est encore paru dans la base officielle, alors que 8 842 communes en ont obtenu au moins un depuis 2020.
3. Déclarer à votre assureur : 30 jours
Une fois l'arrêté publié, vous disposez de 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur habitation (délai porté de 10 à 30 jours en 2023). Joignez photos datées, courrier fait en mairie, et tout devis ou constat. La garantie catastrophes naturelles est incluse dans tout contrat multirisque habitation ; la franchise légale est de 1 520 euros pour la sécheresse, contre 380 euros pour les autres catastrophes naturelles.
4. L'expertise et l'indemnisation
L'assureur mandate un expert qui doit établir le lien entre les fissures et la sécheresse reconnue. Les désaccords sont fréquents : vous pouvez demander une contre-expertise à vos frais, puis une expertise contradictoire. L'indemnisation couvre la réparation des désordres et, si nécessaire, la reprise en sous-oeuvre des fondations (micropieux, injections), des travaux qui se chiffrent couramment en dizaines de milliers d'euros. Depuis la réforme de 2021, l'assureur doit vous informer des suites sous un mois après votre déclaration, puis payer dans les délais légaux une fois l'accord trouvé.
5. Prévenir avant d'acheter ou de construire
Pour un terrain constructible en zone d'exposition moyenne ou forte, une étude géotechnique est obligatoire à la vente et avant construction. Pour un achat, l'état des risques annexé au compromis mentionne l'exposition aux argiles ; le profil ClimaScore de l'adresse vous donne en plus l'historique des arrêtés de la commune et la projection de sécheresse à l'horizon 2050.
Sources officielles
Données mises à jour le 2026-09-03. ClimaScore est un outil d’information basé sur des données publiques officielles. Il ne constitue pas un diagnostic réglementaire au sens du Code de l’environnement. Pour une transaction immobilière, l’état des risques et pollutions (ERP) reste obligatoire.