Climat et prix immobilier : ce que révèlent 16,5 millions de ventes

Comment le marché immobilier français price (ou ignore) le risque climatique, signal par signal, sur cinq ans de transactions.

Publié le 2026-06-21 · ClimaScore

En croisant cinq ans de transactions immobilières avec l'exposition climatique de chaque commune, ClimaScore mesure un constat clair : le marché commence à sanctionner le risque, mais de façon sélective et retardée. Il fait décrocher les prix là où les catastrophes se répètent et où les sols argileux se fissurent, tout en continuant de survaloriser un littoral pourtant exposé à la submersion.

Méthodologie

Régression en différence de différences (Difference-in-Differences) sur 16,56 millions de transactions immobilières (millésime avril 2026), avec un panel équilibré de 5 477 communes disposant d'un prix médian de maison en 2020 et en 2025. Chaque signal isole l'effet d'un facteur de risque sur l'évolution du prix, à structure de marché comparable. Périmètre : maisons individuelles, France.

Chiffres clés

  • Les catastrophes naturelles répétées font décrocher les prix : sur 2020-2023, le prix des maisons a progressé de 18,7 % dans les communes épargnées, contre 14,2 % dans celles frappées trois fois ou plus, soit un écart de 4,5 points directement lié à la sinistralité.
  • Le retrait-gonflement des argiles est le risque dont l'impact sur les prix s'est le plus renforcé : son intensité a augmenté de 44 % depuis les sécheresses record de 2022 et 2023. Le marché commence à pricer un risque longtemps ignoré.
  • Contre les idées reçues, l'exposition théorique à l'inondation (zonage réglementaire) ne fait quasiment pas varier les prix. Le marché réagit aux sinistres réellement survenus, pas aux cartes de zonage.
  • Le littoral surcote encore de 11,9 points par rapport au reste du pays malgré l'exposition à la submersion : l'attractivité héritée du télétravail l'emporte sur le risque. Mais ce bonus s'érode depuis 2024.
  • Sur cinq ans, le prix médian des maisons a progressé de 13,6 % en France, une moyenne qui masque un écart croissant entre communes épargnées et communes exposées.
À retenir. Le marché immobilier français intègre le risque climatique, mais de façon sélective : il sanctionne les sinistres avérés (catastrophes répétées, sécheresses argileuses) bien plus que les zonages théoriques. Pour un acheteur, deux signaux priment : la fréquence réelle des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune, et l'exposition au retrait-gonflement des argiles, dont la décote s'aggrave. Le littoral reste survalorisé, mais ce pari repose sur une attractivité que les projections climatiques pourraient inverser.

Sources et données utilisées

  • ClimaScore, régression Difference-in-Differences sur 16,56 millions de transactions immobilières (millésime avril 2026)
  • Panel de 5 477 communes, maisons individuelles, période 2020-2025
  • France Assureurs, indemnisations sécheresse 2022 et 2023
  • Régime de catastrophe naturelle, arrêtés interministériels 1982-2025

Citation suggérée : ClimaScore (2026), « Climat et prix immobilier : ce que révèlent 16,5 millions de ventes », climascore.fr/etudes/climat-prix-immobilier-ce-que-revelent-les-ventes. Licence : Licence Ouverte Etalab v2.0.