Le risque climatique fait-il augmenter l'assurance habitation ?

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Oui. La part catastrophes naturelles de votre assurance habitation est passée de 12 % à 20 % de la prime au 1er janvier 2025. Dans les communes sans plan de prévention qui cumulent les sinistres, la franchise légale peut être doublée, triplée ou quadruplée. Et dans les secteurs très exposés, certains assureurs refusent désormais de couvrir : le risque climatique se paie donc à l'entrée (prime), au sinistre (franchise) et parfois à l'accès même à l'assurance.

Le risque climatique n'est plus une abstraction : il se lit directement sur la quittance d'assurance. Trois mécanismes jouent, et ils s'additionnent.

1. La prime augmente pour tout le monde

Chaque contrat multirisque habitation intègre une cotisation obligatoire dite « surprime catastrophes naturelles ». Son taux est fixé par l'État. L'arrêté du 22 décembre 2023 l'a relevé au 1er janvier 2025 :

  • Habitation : de 12 % à 20 % de la prime de base, soit un tiers de hausse sur cette composante.
  • Véhicules : de 6 % à 9 %.

Cette hausse répond au déséquilibre du régime, dont le déficit cumulé atteignait 2,8 milliards d'euros fin 2024, sous l'effet de la multiplication des sécheresses sur argiles et des inondations.

2. La franchise grimpe dans les communes sinistrées

En cas de sinistre reconnu catastrophe naturelle, une franchise légale reste à votre charge :

PhénomèneFranchise légale habitation
Inondation, submersion, séisme, mouvement de terrain380 €
Sécheresse (retrait-gonflement des argiles)1 520 €

Point décisif : dans une commune non couverte par un plan de prévention des risques approuvé, cette franchise est modulée selon le nombre d'arrêtés pris pour le même risque au cours des cinq années précédentes : elle est doublée au 3e arrêté, triplée au 4e, quadruplée à partir du 5e. Une même inondation peut donc coûter 380 € à un voisin protégé par un plan de prévention et 1 520 € à un ménage d'une commune qui cumulé les reconnaissances sans plan.

3. Le risque ultime : ne plus pouvoir s'assurer

Dans les secteurs les plus exposés, des assureurs résilient ou refusent les contrats : c'est la désassurabilité. La loi garantit un recours : si deux assureurs refusent de vous couvrir, le Bureau central de tarification peut imposer à un assureur de vous assurer au tarif qu'il fixe. Mais le signal est clair : un bien très exposé devient plus cher, voire difficile, à assurer, ce qui pèse sur sa valeur de revente.

Ce que ça change concrètement pour un logement

  • À l'achat : anticipez une prime habitation durablement orientée à la hausse, et vérifiez l'historique des reconnaissances de la commune (il conditionne votre franchise réelle).
  • À la revente : un historique de sinistres lourd et une assurabilité fragile se répercutent sur le prix, au-delà de la seule décote liée au risque physique.
  • En prévention : les travaux d'adaptation (drainage, reprise de fondations, débroussaillement) réduisent le risque de sinistre répété, donc de flambée de franchise.

Chiffres clés

  • 12 % → 20 % : surprime habitation depuis le 1er janvier 2025 (arrêté du 22 décembre 2023).
  • 380 € : franchise légale habitation (inondation, séisme, mouvement de terrain).
  • 1 520 € : franchise légale sécheresse sur argiles.
  • × 2 à × 4 : modulation de la franchise dans les communes sans plan de prévention qui cumulent les arrêtés.
  • 2,8 milliards € : déficit cumulé du régime fin 2024.

Sources officielles

Données mises à jour le 2026-05-24. ClimaScore est un outil d’information basé sur des données publiques officielles. Il ne constitue pas un diagnostic réglementaire au sens du Code de l’environnement. Pour une transaction immobilière, l’état des risques et pollutions (ERP) reste obligatoire.